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John Ternus prend la tete d Apple

John Ternus prend la tete d Apple

Ce 1er septembre 2026, Apple tourne une page de son histoire. Après quinze ans à la direction du groupe, Tim Cook cède sa place de CEO à John Ternus, vice-président senior de l’ingénierie matérielle depuis 2021. Le fondateur de la marque à la pomme, Steve Jobs, avait choisi Cook pour sa maîtrise de la chaîne logistique. Ternus, lui, incarne l’ingénierie pure, celle qui conçoit les puces, les écrans, les capteurs et les boîtiers qui font l’identité physique des produits Apple.

Le changement s’opère dans la continuité. Ternus travaille chez Apple depuis 2001. Il a gravi tous les échelons, de l’ingénierie mécanique à la supervision de l’iPhone, de l’iPad, du Mac, de l’Apple Watch, des AirPods et du Vision Pro. On lui doit surtout la transition vers Apple Silicon, ces processeurs maison qui ont permis à l’entreprise de se libérer d’Intel sur ses ordinateurs. Cette bascule technique, engagée en 2020, a redéfini la performance et l’autonomie des Mac. Elle illustre la philosophie du nouveau patron : maîtriser la pile complète, du silicium au logiciel, pour ne dépendre de personne.

Sous Tim Cook, la logistique a souvent primé sur la création. Le départ de Jony Ive en 2019 a laissé l’équipe de design sans direction dédiée, rattachée aux opérations plutôt qu’à la vision produit. Ternus veut inverser cette tendance. Il a passé les derniers mois à travailler main dans la main avec les designers, et deux d’entre eux, Molly Anderson et Steve Lemay, figurent désormais sur la page des dirigeants d’Apple. Le signal est clair : l’esthétique et l’expérience utilisateur reprennent le pas sur l’optimisation des marges.

Ce retour au design ne relève pas du symbole. Le premier grand test public de Ternus sera la keynote du 9 septembre, où doit être dévoilé le premier iPhone pliable de la marque. Ce modèle, attendu à plus de 2 000 dollars, adopte un format livre avec un grand écran intérieur sans pliure visible. La reconnaissance faciale cède la place à Touch ID, faute de place pour les capteurs TrueDepth. Le pari est risqué : Samsung, Xiaomi et Huawei occupent ce segment depuis des années. Apple arrive en retard, mais avec l’ambition de redéfinir la catégorie, comme elle l’a fait pour la montre connectée ou les écouteurs sans fil.

L’autre front sur lequel Ternus est attendu, c’est l’intelligence artificielle. Apple a présenté Apple Intelligence à la WWDC de juin, mais le retard sur OpenAI, Google ou Anthropic reste sensible. Le nouveau CEO, ingénieur de formation, considère l’IA comme une composante du matériel, pas comme une surcouche logicielle. La stratégie passe par le traitement sur l’appareil, la protection de la vie privée et l’intégration profonde dans iOS, macOS et visionOS. La puce A18 Pro des iPhone 18 Pro et le neural engine des Mac M6 seront les premières briques de cette architecture.

Tim Cook ne disparaît pas. Il devient président exécutif du conseil d’administration, un rôle tourné vers les relations institutionnelles, les gouvernements et les régulateurs. C’est lui qui gérera les dossiers antitrust, la taxation internationale et les exigences européennes sur l’interopérabilité. Ternus, lui, garde la main sur le produit. La séparation des pouvoirs est nette : l’un diplomate, l’autre bâtisseur.

La nomination n’a surpris personne à Cupertino. Ternus était de plus en plus présent dans les keynotes, aux côtés de Craig Federighi pour le logiciel et de Greg Joswiak pour le marketing. Il a géré l’équipe design ces dernières années. Sa première déclaration comme CEO reprend les mots de son prédécesseur : « le meilleur est encore à venir ». Mais là où Cook parlait de services, d’abonnements et de revenus récurrents, Ternus parle de puces, de matériaux, de fabrication et d’innovation technologique.

Le défi est de taille. Apple doit prouver qu’elle peut encore inventer de nouvelles catégories après l’iPhone, l’iPad, la Watch et les AirPods. Le Vision Pro, malgré sa prouesse technique, n’a pas encore trouvé son marché de masse. L’iPhone pliable devra convaincre au-delà des early adopters. L’IA devra se faire oublier pour devenir utile. Et tout cela dans un contexte géopolitique tendu, entre guerre commerciale, régulation européenne et dépendance à la chaîne d’approvisionnement asiatique.

Sources : Frandroid, 01net, Futura-Sciences, Les Numériques, Clubic

Sources : Frandroid, 01net, Futura-Sciences, Les Numeriques, Clubic

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