Google a officialisé mercredi 30 septembre l’existence de Gemini 4 Argon, présenté comme son modèle de frontière le plus performant à ce jour. L’annonce marque une rupture dans la nomenclature : la firme saute délibérément la version 3.5 Pro, promise pour mai puis abandonnée face à des résultats décevants, pour passer directement à une quatrième génération.
Selon les benchmarks publiés par Google, Argon surpasse GPT-6 Astra d’OpenAI, Claude Fable 5.1 et Claude Opus 5.5 d’Anthropic sur la majorité des tests. Sur DeepSWE v1.1, qui évalue la capacité à mener de longues tâches d’ingénierie logicielle, le modèle atteint 77,9 % de réussite contre 74,1 % pour GPT-6 Astra et 74,2 % pour Claude Opus 5.5. L’avance est plus nette sur AutomationBench (51,3 % contre 41,4 % pour le deuxième) et sur LVBench, test de compréhension de vidéos longues, où Argon culmine à 91,7 % contre 87,5 % pour son rival le plus proche.
Au-delà des scores, la caractéristique technique la plus marquante réside dans la fenêtre de sortie : jusqu’à un million de tokens en une seule réponse, soit quinze fois la limite précédente de 64 000. Cette marge autorise théoriquement la réécriture complète d’un gros programme ou la rédaction d’un long dossier juridique sans interruption.
Google destine Argon à trois usages principaux : la programmation sur de longues tâches, le travail de bureau spécialisé, juridique, finance, et la défense informatique. L’entreprise affirme l’utiliser déjà en interne. Des agents fondés sur Argon ont par exemple retravaillé libgav1, son décodeur vidéo open source, avec un gain de vitesse de 2,7 fois sur la version réécrite.
Pourtant, le modèle ne sera pas mis à la disposition du grand public dans l’immédiat. Google juge sa puissance trop importante pour une diffusion non encadrée et limite l’accès à quelques experts en cybersécurité. Aucune date de sortie commerciale n’est communiquée.
Cette prudence contraste avec la cadence soutenue des derniers mois, où Google a enchaîné les modèles Flash, Gemini 3.8 Flash le 2 septembre, puis deux modèles de synthèse vocale le 23, sans proposer de nouveau sommet de gamme depuis Gemini 3.1 Pro. L’annonce d’Argon intervient au lendemain du sommet IA à la Maison-Blanche et de la conférence OpenAI DevDay, dans un contexte où les trois géants rivalisent d’annonces spectaculaires.
Reste que les benchmarks, aussi flatteurs soient-ils, n’ont pas toujours prédit l’adoption réelle. Google a souvent dominé les classements par le passé, notamment avec Gemini 2.5 Pro puis 3 Pro, sans convaincre les développeurs les plus exigeants, attachés aux écosystèmes d’outils construits autour de ChatGPT et de Claude. Argon devra faire ses preuves hors des laboratoires.
Sources : Frandroid, Numerama, Les Numériques
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