Le groupe Stellantis a fait du Mondial de l’Auto 2026 à Paris le théâtre d’une démonstration de force sans précédent. Huit marques, neuf concepts-cars et le plus grand stand du salon, soit 5 340 mètres carrés : les chiffres donnent le ton. Derrière cette débauche de moyens, une stratégie lisible émerge. Le groupe cherche à combler son retard perçu face à Renault, qui a su capter l’attention ces dernières années avec la renaissance électrique de la R5 et le concept R5 Turbo 3E.
La réponse de Stellantis s’articule autour de trois piliers : la néo-rétro accessible, la performance électrique radicale et le design prospectif. Chez Citroën, la 2 CV Concept incarne la première approche. Loin d’une simple copie nostalgique, ce concept réinvente l’esprit de la Deuche avec des phares ronds détachés, une capote en toile et une planche de bord épurée à l’extrême. L’objectif affiché : une petite électrique européenne sous la barre des 15 000 euros pour 2028, pesant autour d’une tonne. Le positionnement est clair : occuper l’entrée de gamme que la future Renault 4 électrique et la Volkswagen ID.2 ne pourront pas toutes deux couvrir seules.
Peugeot joue la carte de la performance avec l’E-T16 Concept. Hommage direct à la 205 Turbo 16 du Groupe B, ce bolide développe 816 chevaux et abat le 0 à 100 km/h en 2,5 secondes. Au-delà du spectacle, ce concept préfigure la prochaine génération de la e-208. La marque aligne aussi un RCZ Vision électrique de 500 ch à batterie solide, confirmant son ambition sur le segment des sportives compactes zéro émission.
DS Automobiles explore une voie plus radicale avec le F3VER Concept. Capot plongeant, totem vertical, signature lumineuse en Y et tunnel arrière composé de seize panneaux LED : l’étude de style assume pleinement son audace. La marque avance qu’un modèle de série pourrait voir le jour en deux ans si les retours du salon sont favorables, s’appuyant sur sa philosophie « Design Intelligence » pour simplifier la production.
Opel présente le STX Concept, break préfigurant la future Astra, tandis qu’Alfa Romeo et Fiat dévoilent respectivement le Cuorerosso et le Multiplay, deux concepts mi-pick-up mi-SUV encore dépourvus de fiches techniques.
L’ensemble forme une réponse cohérente à la stratégie de Renault. Là où le losange a misé sur l’émotion et l’héritage avec la R5, Stellantis déploie la même recette à l’échelle de son portefeuille complet. La 2 CV Concept répond à la R4, l’E-T16 à la R5 Turbo 3E, le F3VER aux concepts DS du passé. La différence tient à l’amplitude : huit marques contre une, neuf concepts contre deux ou trois.
Reste à transformer l’essai. Les concepts-cars sont par nature des exercices de style, des promesses non tenues. Le C-Cactus de Citroën en 2007 n’avait plus grand-chose à voir avec sa version de série sept ans plus tard. La 308 RCZ, elle, était arrivée presque inchangée en 2010. Le Mondial 2026 sera le juge de paix : saura-t-on distinguer les annonciateurs de modèles réels des écrans de fumée ?
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