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Xpeng et Tesla seuls à proposer l'essai conduite autonome au Mondial, l'Europe aux abonnés absents

Xpeng et Tesla seuls à proposer l’essai conduite autonome au Mondial, l’Europe aux abonnés absents

Le Mondial de l’Auto 2026 marque un tournant symbolique pour la conduite autonome en Europe. Sur l’ensemble du salon, seuls deux constructeurs permettent au public d’essayer leurs systèmes d’aide à la conduite de niveau avancé : Tesla avec son Full Self-Driving et Xpeng avec son NGP (Navigation Guided Pilot). Aucun constructeur européen ne propose de démonstration équivalente.

La présence de Xpeng ne doit rien au hasard. Xiaopeng He, fondateur et PDG du constructeur chinois, a annoncé sa venue à Paris le 10 octobre sur le réseau social X, invitant les internautes à lui soumettre les « devil routes » françaises, ces itinéraires réputés les plus difficiles, pour tester les limites de son système. Son message a dépassé 1,2 million de vues. Le PDG s’est ensuite rendu sur le stand du Mondial pour participer au programme « Autonomous Lab », aux côtés de Tesla.

Le NGP de Xpeng repose sur une architecture caméras + lidar, couplée à une puce de calcul maison. Le système gère les changements de voie, les dépassements, les ronds-points et la navigation urbaine sans intervention du conducteur, sous supervision. La marque revendique une approche « données d’abord » : chaque kilomètre parcouru par la flotte alimente l’entraînement des modèles, une stratégie proche de celle de Tesla mais avec l’intégration du lidar que le constructeur américain refuse.

Côté européen, le silence est assourdissant. Mercedes-Benz a retiré son Drive Pilot du salon, BMW ne montre que des fonctions d’assistance classiques, Volkswagen renvoie vers des démonstrations privées. L’explication tient à la réglementation : l’homologation européenne pour le niveau 3 (conduite déléguée dans certaines conditions) reste verrouillée. Mercedes avait obtenu une première homologation allemande pour l’EQS et la Classe S, mais limitée à 60 km/h sur autoroute et dans des conditions strictes. La France n’a toujours pas transposé le cadre juridique nécessaire.

Cette absence européenne au Mondial en dit long sur l’état de la filière. Les constructeurs historiques ont choisi la prudence réglementaire là que Xpeng et Tesla misent sur l’exposition publique pour accélérer l’acceptabilité et l’accumulation de données. Le pari chinois est clair : faire de Paris une vitrine mondiale pour sa technologie, en l’absence de concurrence locale visible.

Parallèlement, Xpeng lance le L03, son SUV compact positionné à 34 990 euros en version d’entrée de gamme, soit 6 000 euros de moins que le Tesla Model Y. Le L03 intègre le NGP de série sur les finitions hautes. La marque vise directement le cœur du marché européen avec un produit techniquement abouti, une tarification agressive et une fonctionnalité phare que les rivaux européens ne proposent pas encore en série.

La filière automobile française sonne d’ailleurs l’alarme sur un autre front : la suppression envisagée des Certificats d’économies d’énergie (CEE) pour financer une baisse du prix de l’essence. La Plateforme de la filière automobile (PFA), Mobilians, la CSIAM, l’Avere-France et Sesamlld estiment qu’un tel couperet provoquerait un séisme économique, après une chute des ventes électriques de plus d’un quart depuis 2020. Couper les incitations risquerait de pousser les conducteurs vers des thermiques vieillissantes, menaçant la souveraineté industrielle et l’emploi.

Le Mondial 2026 illustre ainsi une double fracture. Technologique d’abord : la conduite autonome accessible au public est aujourd’hui l’apanage d’un Américain et d’un Chinois. Industrielle ensuite : l’Europe hésite entre soutenir sa transition électrique et céder à la tentation court-termiste du pouvoir d’achat thermique. Xpeng, lui, avance ses pions sur les deux tableaux.

 

Sources : Frandroid, Numerama, Les Numériques

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